Jean-Louis Deniot

Architecte d'Intérieur

Six Questions à Jean-Louis Deniot...

Pourquoi le nom Quai d’Orsay ?

JLD : C'est principalement une référence aux affaires étrangères et aux relations de la France avec le reste du monde. Cela permet de montrer que même si la collection est initialement Française, elle est vraiment au service d'une audience internationale. J’imagine tous ces objets dans différents intérieurs, qui vont apporter une sorte de petit condiment français, du raffinement français, et une forme d’excentricité française.

C’est aussi une belle coïncidence que mes bureaux soient situés quai d’Orsay. J’adore la sérénité qu’offrent les bateaux qui passent alors que je suis en réunion de travail, ainsi que la grandiloquence du pont Alexandre III que j’ai littéralement sous le nez. Je sais que mes clients sont ravis de venir à cette adresse.

Le cabinet de Jean-Louis Deniot situé au Quai d'Orsay

 

Quel est le concept derrière la marque ?

JLD : Tout d’abord, ce n'est pas un ego trip de décorateur. L'idée, c'est que je suis le premier ‘guest designer’, mais il y en aura d'autres. Il s’agit donc davantage d’une maison d'édition que d’un simple faire-valoir. C’est une marque mise au service des clients et des décorateurs, afin qu’ils puissent s’approprier les objets, en changer la finition, les rendre plus caméléons et leur permettre d’apporter ce je-ne-sais-quoi à leurs intérieurs.

L’idée est de pouvoir s'offrir un, deux, trois objets, puis de les mélanger avec d'autres pièces. J'ai également souhaité répondre à des demandes spécifiques en proposant des typologies de mobilier — comme des tables de chevet ou des coiffeuses — que mes propres chefs de projet ont du mal à trouver, tant elles sont rares sur le marché.

 

Vos intérieurs sont ancrés dans la tradition des arts décoratifs français. Comment est-ce que cette collection s’inscrit dans cet héritage ?

JLD : Il y a un vrai rapport au temps—un rapport au présent et au futur, tout en tenant compte du passé. Le meilleur exemple est la chaise Orsay, qui est une réinterprétation du siège Louis XVI à dossier médaillon. Celui-ci a été revisité dans les années 1930 et 1940 par des designers comme Arbus, Ruhlmann ou Groult. Le dossier médaillon était également l’un des symboles de Christian Dior, et Philippe Starck l’a repris en plastique avec la chaise Louis Ghost en 2002.

Lorsque j’ai créé la collection pour Quai d’Orsay, je voulais rendre hommage à tout ce passé, tout en m’inscrivant dans le présent. Je me suis alors demandé à quoi devait ressembler le siège à dossier médaillon aujourd’hui. J’ai essayé d'utiliser un minimum de matière avec tout un travail sur la silhouette. C’est comme une espèce de découpage ou de petite architecture, avec des voûtes dans le piètement. Pour moi, il était
aussi important qu’il soit très confortable tout en étant beau de dos, puisque c’est généralement le premier élément qu’on voit d’un siège de salle à manger. On sent qu'il y a une forme de formalité, mais également un esprit assez ludique.

De nombreux décorateurs et de designers font aujourd’hui appel à l’artisanat. Quel est le rapport qu’entretient Quai d’Orsay avec le savoir-faire ?

JLD : Notre objectif est de travailler avec des artisans qui perpétuent des gestes ancestraux et un véritable héritage. Nous collaborons avec l’un des plus vieux fabricants français, qui a édité des designers iconiques comme André Arbus et Jacques Adnet, qui a notamment réalisé, dans les années 1930, du mobilier pour le paquebot légendaire, Le Normandie.

Parmi les nombreuses matières que nous explorons, nos artisans travaillent la dinanderie, le raku, ou encore le biscuit, la laque craquelée, le bois brossé et cérusé. Parallèlement, nous
avons également souhaité intégrer les nouvelles technologies, en créant la console Onfroy grâce à l’impression 3D, qui selon moi représente un artisanat du présent et du futur.

C’est presque la technologie elle-même
qui a motivé l’objet. On s’est demandé, ‘Que peut-on faire avec elle ?’ On a l’habitude de voir des maquettes de bâtiments en béton réalisées
en impression 3D ; cette console évoque quant à elle un petit habitat, avec une série de volumes cubiques, qui viennent s’enchevêtrer les uns dans les autres. C’est une architecture transposée à l’échelle du mobilier.

 

Pouvez-vous parler de deux ou trois autres pièces emblématiques de la collection ?

Il y a plusieurs lampes de table, qui jouent avec la notion de géométrie en miroir. Le modèle Oculus est un cône posé sur un cône, la lampe Orchidée est un trèfle sur un trèfle. J’aime l’idée d’une
répétition formelle dans l’objet entre la base et son abat-jour.

Avec le buffet Oiseau, j’avais envie de créer un objet organique aux formes douces, mais avec une façade très naturaliste en pierre. Elle évoque les rochers que l’on retrouve en Corse et constitue un hommage à la nature, qui est une grande source d’inspiration dans les arts décoratifs.

Enfin, il y a aussi les bougeoirs Olivet, qui semblent presque courir sur la table, comme une branche qui file. Ils sont dotés de pampilles que nous proposerons dans différents métaux et avec différents cristaux, car chaque date de naissance et chaque thème astral sont associés à des pierres et à des métaux spécifiques, dont les propriétés sont traditionnellement considérées comme les plus favorables à la personne qui les porte.

 

Comment envisagez-vous la suite pour Quai d’Orsay ?

JLD : Je souhaiterais surtout développer un véritable esprit lifestyle autour de la marque. Nous sommes déjà en discussion avec plusieurs fabricants pour développer une ligne de robinetterie, et je souhaiterais également créer une gamme de peintures capable d'apporter aux espaces une profondeur et une vibration particulière.

Pour le mobilier, je pense qu’il sera amusant de collaborer avec des artistes et des designers divers et variés. Cela apportera un véritable éclectisme, propre au goût français. Je ne souhaite privilégier ni un profil ni une nationalité. L’essentiel est que chaque pièce soit, dans la mesure du possible, fabriquée en France.

Le showroom parisien servira de vitrine, mais nous serons également présents en ligne et actifs sur les réseaux sociaux. Nous avons l’intention de développer de nombreux accessoires, de véritables objets de conversation, qui pourront être facilement mis en carton et expédiés partout dans le monde.

À propos de Jean-Louis Deniot

Jean-Louis Deniot s'inscrit dans la tradition française de l'ensemblier-décorateur, façonnant les intérieurs comme des univers complets et réfléchis. Des plans d'étage aux poignées de porte, des façades aux mobilier, il aborde le design comme un ensemble cohérent. Passionné par l’histoire de l’art et de l’architecture, il apporte cette perspective à des résidences à Paris, Londres, New York, Bangkok, Athènes, Capri et au-delà, créant des espaces à la fois raffinés et empreints d’une atmosphère chaleureuse et authentique.

Fabrication à la commande

La majorité des pièces est fabriquée à la commande

Finitions sur mesure

Choix de différentes gammes de finitions, de couleurs et de tissus

Certificats d'authenticité

Chaque pièce est signée, numérotée et accompagnée d'un certificat d'authenticité

Devis personnalisés

Frais et options de livraison personnalisés pour chaque commande